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Critique – Sherlock Holmes : Jeu d’ombres : Moriarty dans les spotlights

Sherlock Holmes et le docteur Watson essaient de déjouer le plan machiavélique du professeur Moriarty, le génie du crime.

En attendant de retrouver Robert Downey jr dans les Avengers de Joss Whedon le 25 avril, le voici de retour dans la défroque d’un autre héros, celui créé par sir Arthur Conan Doyle en 1887. Sous les traits de Downey, il n’a pas pris une ride. À vrai dire, c’est un peu normal, vu qu’il n’a de Sherlock que le nom !

Le premier opus avait reçu le succès public que l’on sait, les critiques se montrant plus circonspects sur le reboot survitaminé qu’avait réalisé Guy Ritchie. La tentation d’une suite qui permettrait d’opposer le génie de Baker Street à celui du crime ne s’est pas fait attendre. Le metteur en scène anglais s’est attaqué à ce Jeux d’ombres avec la même énergie et la même bonne humeur que pour le précédent.

Le résultat est un film d’action qui va à 300 à l’heure, sans se préoccuper de véracité historique ou littéraire pas plus que du développement des personnages. Si vous voulez voir un bon film d’action, il faut absolument le voir. J’avoue que je suis fort loin d’être impartiale dans la mesure où je serais prête à payer pour aller voir Downey lire l’annuaire.

Les décors sont ébouriffants, les effets spéciaux plus qu’à la hauteur et dans l’ensemble, on en a vraiment pour son argent. Le fait que ce soit un film sur un héros britannique dépoussiéré par un compatriote ajoute le sel nécessaire pour que la mayonnaise prenne.

Mais attention, ça ne marchera que si vous n’êtes pas fan de Sherlock !

Dans le cas contraire, vous allez détester les séquences de close combat ultra moderne, car si Holmes pratiquait un art martial japonais imaginaire, le Baritsu, cela n’a évidemment rien à voir avec ce que fait Downey… au ralenti. S’il était dans une condition physique remarquable, Holmes ne passait pas sa vie dans les salles de gym, contrairement à son interprète ! On peut noter que Doyle décrit le Baritsu dans l’une de ses 56 nouvelles, La maison vide, dans laquelle il explique comment Holmes a pu échapper à la mort en tombant des chutes du Reichenbach avec Moriarty. C’est cette nouvelle et une autre, Le dernier problème, que ce film adapte de façon très fantaisiste.

L’absence d’un scénario crédible construit autour du génial Moriarty vous horripilera sans aucun doute, et c’est d’autant plus dommage que Jared Harris est fantastique. Non seulement son incarnation est crédible et ne verse pas dans le grand Guignol, mais il restera une des incarnations marquantes du Napoléon du crime.

Dans le même ordre d’idée, la mort d’Irene Adler, le grand amour d’Holmes, évacuée sous le tapis en 5min30, vous hérissera. Mais qu’importe, Rachel McAdams est bien trop fade dans son interprétation de la rouée Adler.
Au final, ce qui tape sur les nerfs, et pas seulement des exégètes holmesiens, c’est surtout l’insistance lourdingue que le scénario porte aux scènes homo-érotiques. On rit, mais on rit jaune.

Stephen Fry, dans le rôle du frère de Sherlock, Mycroft, fait du Stephen Fry et le pitre avec délectation sans être gêné le moins du monde par son rôle outrancier, à des lieux du personnage original.  Je préfère faire l’impasse sur Jude Law (le docteur Watson) qui délivre une prestation digne du minimum syndical et s’ennuie ferme.

Bref, allez voir Jeu d’ombres pour ce qu’il est, une variation baroque sans prétention sur le personnage mythique de l’Angleterre victorienne, ouvertement pompée sur le cinéma asiatique et amusez-vous bien !

En revanche, si vous êtes fan du détective dandy, ne manquez pas la 2e saison de la série britannique créée par le génial Steven Moffat (avec Benedict Cumberbatch qu’on verra dès mercredi dans La taupe et qui aura l’honneur insigne d’interpréter le nouveau méchant du 2e Star Trek réalisé par J.J. Abrams, actuellement en cours de tournage), annoncée en mars prochain sur France 4.

Sherlock Holmes 2 : Jeux d’ombres

Sortie : 25 janvier 2012

Film d’aventure de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Noomi Rapace, Rachel McAdams, Jared Harris, Stephen Fry, Paul Anderson, Kelly Reilly.

100 min. Editeur : Warner Bros. France.