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Critique – Dos au mur : Laissez-le sauter

Un flic injustement emprisonné pour un vol qu’il n’a pas commis menace de se jeter du haut d’un immeuble pour faire éclater la vérité.

En préambule, je vous dirais que si vous avez le vertige ou un cerveau ou les deux, évitez-vous le supplice cinématographique du scénariste Asger Leth, dont c’est le premier film derrière la caméra. Pourquoi a-t-il choisi de se lancer avec ce scénario d’un transfuge de la télévision, Pablo F. Fenjves, qui manque cruellement d’inventivité, d’ambition, d’humour et de crédibilité quand il ne frise pas le ridicule est un des mystères de l’univers.

Admettons que par un coup du sort malheureux, vous arriviez au cinéma à l’heure où c’est la seule séance qui débute, vous ne passerez pas un mauvais moment mais ne vous attendez pas à retrouver l’incandescence de Phone Game ou de Buried qui avaient l’intelligence de réellement piéger leur héros de bout en bout. Il faut dire aussi que Colin Farrell et Ryan Reynolds avaient surpris dans ces deux films alors que Sam Worthington est désespérant de platitude. Est-ce que le plan de ce comédien, –qui n’a pour lui qu’une belle gueule, est de tourner dans tout et n’importe quoi ? Si c’est le cas, c’est un sans faute. Incapable de se décider sur la nationalité de son personnage, l’Australien opte pour un baragouin infernal. A noter qu’au rayon des accents improbables qui polluent tout le film, on retrouve Jaimie “Tintin” Bell qu’on verra bientôt dans le Filth de Jon S. Baird aux côtés du toujours excellent et sous-estimé James McAvoy.

Autre erreur de casting, l’improbable Elizabeth Banks (30 Rock) en fliquette détestée de ses collègues qui ne trouvera jamais le ton juste. Sinon, c’est fou le nombre de bons comédiens qu’on empile dans ce film d’action sans action, thriller psychologique qui n’émeut ni n’enthousiasme. A croire que les impôts les poursuivent tous avec une grande houe ! Kyra Sedgwick (The Closer) jouent les utilités inutiles, Ed Harris fait de la présence, Edwards Burns s’ennuie, entraînés vers la chute (sans mauvais jeu de mot), prévisible dès le premier plan, c’est affreux !

Rien n’est épargné au spectateur, course poursuite, négociateur, flics véreux, c’est un Die Hard du pauvre, version 0.1. En cette période bénie où ressort en 3D Titanic après Star Wars, et certainement une multitude d’autres films qui n’en demandaient pas tant, s’il y en a bien un qui aurait mérité ce traitement c’est ce Dos au mur dont on se demande s’il est même en 2D tellement on s’y ennuie. Si on pense de façon fugitive à Inside Man, ce n’est que pour constater que même la Grosse Pomme y est moche ! C’est vraiment grave…

Le scénariste aurait pu traîner ses guêtres du côté de Capra, dans un remake actualisé de L’homme de la rue, mais il ne faut pas trop en demander. On piétine du début à la fin. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’histoire de Nick Cassidy, tout le monde s’en contrefiche.
A voir si l’anticyclone des Açores se remet à faire des siennes et si la salle est bien chauffée.

Dos au mur

sortie : 15 février 2012

Thriller de Asger Leth avec Sam Worthington, Elizabeth Banks, Jamie Bell, Anthony Mackie, Genesis Rodriguez, Ed Harris, Edward Burns, Mandy Gonzalez.

Durée : 120 mn. Éditeur : Studio Canal